La phobie sociale ou anxiété sociale se manifeste par la crainte d’être embarrassé, jugé ou ridiculisé dans des circonstances où l’on est observé ou amené à agir en public.

Cette peur peut être si intense qu’elle conduit souvent à l’évitement des situations redoutées, bien que certaines personnes parviennent à y faire face en subissant une grande angoisse.

Les individus souffrant de cette phobie redoutent souvent de dire ou de faire quelque chose qui pourrait les faire paraître nerveux, fragiles, stupides, voire fous aux yeux des autres. Leur inquiétude est généralement excessive par rapport à la réalité de la situation, et ils en ont souvent conscience (à l’exception des enfants).

Sachez tout de suite que la solution n’est pas de « gérer » ces phénomènes comme on l’entend souvent. Vous n’avez sans doute pas envie de passer votre vie à « gérer » ces troubles ?

La solution ne provient pas non plus de la compréhension des sources ou des mécanismes impliqués dans mes troubles. Certains pensent avoir cerné l’origine de leur anxiété avec l’aide d’un thérapeute et pourtant leur anxiété est toujours là !

Il ne s’agit pas non plus d’adopter telle ou telle technique. Ce serait totalement insuffisant pour obtenir une transformation profonde et durable.

On va le voir tout à l’heure, les causes de l’anxiété sociale sont toujours multiples, elles relèvent à la fois de mécanismes physiques et psychologiques.

Pour les traiter efficacement, il faut donc, en résumé, recourir à une combinaison d’approches thérapeutiques permettant d’agir à la fois sur le corps et le cerveau et traiter la source de cette anxiété (pas seulement agir sur les symptômes) pour obtenir des résultats durables.

Avant d’évoquer les causes de l’anxiété sociale et les clefs d’un traitement efficace, voyons succinctement quels sont les principaux symptômes de la phobie sociale.

Les phobies sociales les plus courantes sont les suivantes :

  • La crainte de prendre la parole en public,
  • La peur des examens,
  • L’anxiété liée à la foule,
  • La peur de rédiger ou signer des documents devant d’autres personnes,
  • L’angoisse d’être observé pendant son travail,
  • La peur de s’étouffer ou de renverser de la nourriture en mangeant en public,
  • L’appréhension de rougir devant les autres,
  • L’inquiétude d’utiliser des toilettes publiques.

Les symptômes classiques de la phobie sociale incluent la transpiration excessive, le rougissement, l’accélération du rythme cardiaque, les nausées et les tremblements.

Beaucoup de personnes concernées ne savent pas qu’elles souffrent de cette phobie et ont recours à l’alcool pour tenter de soulager leurs symptômes, ce qui peut, dans certains cas, mener à des problèmes d’alcoolisme.

Les angoisses ressenties en société ne sont pas inhabituelles, mais on parle de phobie sociale lorsque l’évitement des situations sociales perturbe significativement les activités quotidiennes, les relations affectives importantes ou la vie professionnelle de la personne, et provoque une grande souffrance émotionnelle.

La phobie sociale peut également entraîner des attaques de panique, souvent déclenchées par la peur de l’humiliation ou de l’embarras.

Chez un être humain, un trouble n’a jamais une cause unique. La phobie sociale n’échappe pas à la règle, ses causes sont multiples et interagissent. En voici les principales.

  • Vulnérabilité héréditaire : lorsque un gène appelé SERT à une forme courte, on sait qu’il y a une prédisposition aux troubles anxieux.
  • Contexte familial : L’anxiété sociale découle souvent de traumatismes complexes provenant du contexte dans lequel un enfant a grandi : une relation de longue durée avec un parent dysfonctionnel, par ex. une mère autoritaire, surprotectrice, hyper-exigeante, très anxieuse ou dépressive. Ces traumatismes vont engendrer des croyances limitantes, souvent inconscientes, (« Pour être aimé, il faut être performante ») et des peurs fondamentales diffuses associées (« un événement douloureux surviendra si je n’ai pas tout anticipé et planifié », « je serai puni d’une façon où d’une autre si je ne sacrifie pas tout à ce travail »…) qui vont contribuer à mon anxiété.
  • Trauma simple : parfois un trauma simple (agression, licenciement, séparation, décès d’un proche…) affectant des assises psychologiques déjà fragilisées par un trauma complexe va venir chroniciser l’anxiété.
  • Etat physique : des déséquilibres musculo-squelettiques (tensions, posture…) ou biochimiques (déficit en Gaba, sérotonine…) peuvent constituer de puissants facteurs de maintien de mon anxiété et compromettre toute évolution au niveau psychologique (émotions, pensées).
  • Stress cumulatif : pression constante, sur de nombreuses années, liée à l’activité professionnelle ou à un conjoint agressif….
  • Habitudes alimentaires : excès d’excitants, de sucre…
  • Mode de vie : manque de sommeil, charge de travail excessive, absence de relations sociales…
  • Emotions réprimées : une colère à l’égard de cette mère qui ne m’a jamais prise dans ses bras…
  • Absence de but dans la vie : même lorsque tous les autres facteurs ont été pris en compte dans une thérapie, on s’aperçoit que les questions existentielles non résolues (quel mon rôle dans la vie, la peur de la mort…) peuvent suffirent à maintenir la phobie sociale.

CLEF N°1 : Une combinaison de méthodes thérapeutiques pour agir sur tous les facteurs impliqués dans mon trouble

On l’a évoqué tout à l’heure : les causes et facteurs de risques sont multiples. Pour être efficace, il faudra agir sur ces différents facteurs : vos habitudes de vie (sommeil, phase de repos ..?) qui peuvent entretenir vos troubles, votre alimentation, votre corps (état de mon système nerveux autonome, motricité, posture, tensions dans la musculature profonde…?), vos émotions, vos comportements, pensées. Et aucune forme de thérapie ne permet à elle seule d’agir sur toutes ces dimensions de votre être.

Pour être efficace, il faudra donc utiliser une combinaison d’approches thérapeutiques permettant de mener une action à la fois sur les facteurs physiques et les facteurs psychologiques.

CLEF N°2 : Réduire rapidement les symptômes par une action sur le système nerveux autonome

Vous avez sans doute observé que lorsque l’anxiété est là, il ne suffit pas de se dire « tu n’as aucune raison d’avoir peur! ». Cette peur est un automatisme neurobiologique que mes processus conscients, mon mental, sont impuissant à contrôler. Il faut tout d’abord rééquilibrer le terrain, c’est à dire rééduquer le système nerveux autonome (SNA) qui, dans les troubles anxieux est toujours dans un état de déséquilibre prononcé.

La plupart des troubles physiques (tachycardie, tensions musculaires, troubles du sommeil…) et psychologiques que j’expérimente sont le fruit de ce déséquilibre. Dès lors, des pratiques répétées améliorant le tonus du régulateur de mon SNA peuvent rapidement améliorer mon état général.

CLEF N°3 : Défaire les situations de crise avec des protocoles d’urgence

Sous l’effet de certaines situations, un endroit très fréquenté ou le timbre d’une voix, j’entre peut être dans un état de déstabilisation et d’angoisse prononcée où par exemple, ma fréquence cardiaque augmentent, ma respiration devient difficile, je ressens un vertige ou je le mets à transpirer… Il va falloir que j’apprenne des techniques permettant de mettre fin à ces états critiques qui entretiennent, voire renforcent au fil du temps mon anxiété, mes pensées obsédantes et mes troubles physiques.

CLEF N°4 : Intervenir à la source de vos troubles pour des résultats profonds et durables

Je suppose que vous ne souhaitez pas passer votre vie à éteindre des incendies avec des pratiques ou des produits. Pour trouver durablement le bien être, il sera indispensable d’agir à la source de vos troubles. Autrement dit, il faudra identifier et transformer la mémoire qu’a laissé en vous certaines expériences douloureuses du passé. Il peut s’agir d’expériences ponctuelles (comme une agression, un décès…) où des expériences durables comme un déficit de soins affectifs dans l’enfance.

CLEF N°5 : Mobiliser autant votre corps que votre cerveau

Les expériences douloureuses du passé qui sous-tendent mon anxiété ou mes peurs d’aujourd’hui sont enregistrées dans une mémoire essentiellement inconsciente et de nature corporelle. Il faudra donc mobiliser le corps pour transformer cette mémoire et produire des changements au niveau émotionnel et cognitif (mental). On ne peut aucunement venir à bout des mémoires douloureuses avec une approche exclusivement cognitive autrement dit avec une thérapie strictement verbale, par le seul dialogue avec un thérapeute.

CLEF N°6 : Tenir compte de vos spécificités physiques et psychologiques

Un marin ne peut pas tracer un cap vers sa destination s’il est incapable de faire un point, autrement dit s’il ne sait pas déterminer sa position. Quelle qu’elle soit, la thérapie dans laquelle vous allez vous engager devra donc reposer sur une évaluation de vos spécificités : que se passe t’il en vous sur un plan neurovégétatif (SNA), sensoriel, musculo-squelettique (posture, motricité, conscience corporelle), émotionne, cognitif (pensée, croyances, capacité d’attention, mémorisation), comportemental. C’est seulement sur la base de cette évaluation que le thérapeute pourra élaborer une stratégie thérapeutique efficace.

CLEF N°7 : Soutenir en permanence votre motivation à pratiquer

Même si la compréhension des phénomènes et des mécanismes est utile, elle n’est en rien suffisante. La science nous indique que la transformation est un apprentissage et que cet apprentissage ne s’installe que sous l’effet de pratiques répétées . Seule la répétition peut pérenniser les nouveaux réseaux neuronaux qui sous-tendent le changement. Il vous faut donc vous engager dans un programme entièrement pensé pour soutenir votre motivation à pratiquer.

CLEF N°8 : Opter pour un programme thérapeutique qui a fait ses preuves

Enfin, ne mettez pas votre santé mentale entre les mains de n’importe qui. Orientez-vous vers de véritables thérapeutes, sérieusement formés et surtout disposant d’une très longue expérience en cabinet et dont les méthodes ont déjà prouvé leur efficacité sur des centaines voire des milliers de patients.

Philippe Coat

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