VICTIME D’UN MANIPULATEUR, DEPENDANCE AFFECTIVE

Comment se reconstruire après une relation destructrice ?

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La vulnérabilité acquise dans l’enfance créée un terrain propice à l’emprise du manipulateur

Non, la victime d’un manipulateur (pervers narcissique ou non) ou d’un partenaire irrespectueux (dévalorisation constante, surveillance, violences psychologiques ou physiques) n’est pas masochiste. Non, elle n’a pas choisit de subir mauvais traitements et humiliations. Ce sont ses blessures qui en font une proie pour un manipulateur habile et qui vont rendre son émancipation laborieuse.

Pour l’exemple, nous nous appuierons sur le cas des victimes de pervers narcissiques, qui sont aussi des manipulateurs et en viennent fréquemment à exercer des menaces et violences physiques. Notre objectif premier est de mettre en lumière le travail thérapeutique à mener pour que ces victimes puissent retrouver durablement le chemin de l’émancipation et de l’épanouissement.

Disons-le d’emblée : le manipulateur (homme ou femme, bien entendu) n’a pas jeté son dévolu sur sa victime au hasard. Il sait repérer chez autrui les failles qu’il va pouvoir exploiter pour installer progressivement son emprise : faible estime de soi, peur de l’abandon, sentiment d’insécurité, tendance à l’effondrement lorsque survient une séparation, difficulté à faire seul des choix et à passer à l’action, à émettre des opinions personnelles, à identifier ses désirs propres et à les satisfaire, à poser des limites aux demandes d’autrui et à dire non…

pervers narcissique

Sentiment d’insécurité, manque affectif, faible estime de soi : on ne tombe pas par hasard entre les griffes d’un manipulateur

Quelles sont donc les caractéristiques que l’on va fréquemment retrouver chez la victime d’un manipulateur ?

Quelles sont les origines de ce profil, origines que l’on peut le plus souvent identifier dans l’histoire personnelle de la victime ?

Quelles sont les actions à mener pour s’en sortir durablement (sans tomber dans la répétition) et s’épanouir enfin ?

Traumatisme événementiel ou relationnel précoce

L’histoire débute souvent comme un conte de fée… Mais bientôt, se dévoile la face cachée du prince charmant : manipulateur, égocentrique, menteur et menaçant. C’est le déroulé classique d’une rencontre avec ce que la psychopathologie nomme un « pervers narcissique ». Nombre d’articles et d’ouvrages traitent du profil de ces prédateurs mais la littérature concernant le profil des victimes est moins abondante.

Tout d’abord, on observe que ces victimes ont souvent connu un traumatisme précoce qui les maintient encore, à l’âge adulte, dans la peur de la séparation et un sentiment d’insécurité permanent. L’abandon réel ou symbolique est le plus fréquent de ces traumas : l’enfant est par exemple confié à la grand mère à l’âge de 1 mois seulement, puis il ressent un nouvel abandon à l’âge de 2 ans lorsque la mère récupère l’enfant ; ou il est hospitalisé pendant 3 mois et ses parents ne viennent jamais lui rendre visite ; ou l’un des parents quitte subitement le domicile familial…

J'ai subi des attouchements sexuels par un membre de ma famille

Souvent, la victime a connu un traumatisme événementiel (par ex. un abandon réel ou symbolique) ou des carences de soins physiques ou affectifs

Notons que le mot « traumatisme » ne désigne pas exclusivement les conséquences d’un événement douloureux. Il peut provenir de la relation à la principale figure d’attachement, le plus souvent la mère. Dans ce cas on parlera d’un traumatisme relationnel infantile (ou traumatisme du développement). Le parent peut pleinement remplir son rôle sur un plan technique, c’est-à-dire apporter tous les soins physiques requis (toilettage, alimentation…). Dans le même temps, il est possible que cette figure d’attachement soit totalement absente sur un plan affectif : elle ne regarde pas l’enfant, ne répond pas à ses sourires, ne le caresse pas, ne lui parle pas sur un ton affectueux… Dès les premiers jours de la vie de l’enfant, les résultats vont être profonds. Lorsque cet accordage émotionnel n’est pas présent, il y a notamment un déficit de libération de dopamine et le développement cérébral en est affecté.

Enfin, ont retrouve souvent chez les parents des victimes une difficulté à réguler leurs émotions. La mère fond en larmes chaque fois que quelqu’un lui refuse de l’attention, le père sort de ses gonds lorsqu’autrui montre des signes de joie… L’enfant grandit alors dans un environnement anxiogène et qui, bien entendu, n’est pas propice à faire l’apprentissage de sa propre régulation émotionnelle.

Failles narcissiques et assujettissement

Parfois, la personne susceptible de tomber sous les griffes d’un pervers narcissique doute énormément de sa valeur. On trouvera fréquemment dans son histoire personnelle des parents qui ne montrent guère d’intérêt pour leur enfant, ou accordent toute leur attention à un autre enfant. Souvent même, ces parents sont clairement dénigrants. L’enfant développe alors la croyance qu’il n’est pas digne d’amour ou de considération, qu’il vaut moins que les autres, ressent en lui une grande imperfection, voire de la honte.

On compte aussi chez les parents des victimes nombre de manipulateurs qui vont convaincre l’enfant qu’il lui faut faire preuve d’abnégation et oublier ses intérêts propres. Par exemple, une mère dépressive et malade qui fait implicitement comprendre à son enfant qu’il doit intégralement se vouer à son service car, dans le cas contraire, l’état de santé de sa mère pourrait se dégrader jusqu’à la mort… Dans ce cas, l’enfant peut développer la croyance qu’il n’a pas d’autre choix que de se soumettre aux souhaits des autres, sinon ils exerceront des représailles ou le rejetteront d’une façon ou d’une autre.

Fusionnement et personnalité atrophiée

Pervers narcissique

Fusion avec un parent ou indifférence de ce dernier, dans les deux cas il y a danger

Second cas de figure fréquent : les parents souhaitent inconsciemment que l’enfant soit un clone d’eux-mêmes et que jamais il ne se sépare d’eux. Ils lui donnent éventuellement beaucoup d’amour et d’attention, de protection surtout, mais l’éduquent pour faire en sorte qu’il adopte leur conception de la vie, leurs valeurs, leurs désirs, activités, comportements… Ils vivent avec leur enfant dans une proximité affective totale ou tout doit être partagé, où personne n’a vraiment le droit à son jardin secret. Implicitement, l’enfant doit céder une partie de ce qui fait sa singularité pour vivre dans une fusion avec sa figure d’attachement et continuer ainsi à mériter son amour et sa protection.

Dans les deux cas, l’enfant n’est pas éduqué pour découvrir et exprimer progressivement son identité propre, ce qui fait sa singularité, faire des choix, s’auto-déterminer… Blottit dans son nid de sécurité, il n’est pas non plus préparé à affronter les difficultés de la vie. Au début de  l’âge adulte, la personne pourra avoir des difficultés à devenir autonome et aussi souffrir de problèmes d’identité : « Je suis tellement liée à mon partenaire ou à mes parents que je ne sais pas vraiment qui je suis ou ce que je veux. J’ai souvent l’impression de ne pas avoir une identité distincte ». Dénuée de la motivation que fournit la conscience de ses désirs, la personne sera alors décrite comme souffrant de procrastination, manquant de courage ou de persévérance.

Un terrain propice à l’emprise du pervers narcissique

Les fragilités de la victime

Les caractéristiques qui prédisposent à l’emprise d’un pervers narcissique

  • faible estime de soi,
  • sentiment de culpabilité,
  • sentiment d’incompétence, d’incapacité à faire face aux défis de la vie,
  • peur de l’abandon (difficulté à rester seule),
  • tendance à l’effondrement lorsque survient une séparation,
  • sentiment permanent d’insécurité (peur qu’une catastrophe imminente menace, une maladie…),
  • procrastination (difficulté à passer à l’action, manque de constance dans l’effort),
  • difficulté à faire seul des choix, à émettre des opinions personnelles,
  • méconnaissance de ses désirs propres et difficulté à les satisfaire,
  • embarras lorsqu’il s’agit de poser des limites aux demandes d’autrui et à dire non.

Du trauma à l’assujetissement : le cas de Vanessa

Image associéeA l’âge de 1 ans, Vanessa a été confiée à sa grand-mère. Sa mère ne lui a rendu aucune visite pendant les 6 premiers mois. L’enfant dort le jour et pleure toutes les nuits. Il n’y a quasiment aucun contact tactile entre la mère et l’enfant, pas de marque d’affection, de sourires. Les gestes sont purement techniques. Vers les 12 ans de Vanessa, son père ne fait plus que des séjours au domicile familial, explose à la moindre contrariété et menace fréquemment de s’en aller pour ne jamais revenir. Il est extrêmement autoritaire avec Vanessa, veut lui imposer sa façon de penser et vivre.

A ses 35 ans, Vanessa vit avec un homme qui la fait souffrir psychologiquement, la manipule, la dénigre et parfois même la menace.

Lorsqu’elle l’a rencontré, il se présente comme l’antidote séduisant à toutes ses peurs et fragilités. Tout d’abord cet homme  l’accepte telle qu’elle est. Elle est touchée par cette attention, elle qui estime ne mériter l’amour de personne. Il lui offre la sécurité matérielle, se présente comme un guide, apte à faire les bons choix, sûr de lui, solide.

Progressivement,  il prétend savoir ce qui est bon et mauvais pour Vanessa, il a une lecture univoque de la vie et de son sens, beaucoup de certitudes, des opinions étayées (et tranchées) sur tout… Il va s’évertuer à renforcer la dépendance naturelle de sa partenaire, à la couper de tout soutien potentiel  (matériel et affectif, notamment en l’isolant socialement) pour installer insidieusement sa domination.

Lorsque son compagnon dévoile son vrai visage, Vanessa ne trouve pas les ressources nécessaires pour mettre fin à la relation. Pendant longtemps, la perspective de se retrouver seule (confrontée à un nouvel abandon) sera plus insupportable encore que les humiliations qu’elle doit subir.

Résultat de recherche d'images pour "profil"Le profil de Vanessa

Abandon/instabilité    Vanessa ressent un manque de stabilité et de fiabilité de ceux qui pourraient lui offrir du soutien. Elle a le sentiment que les personnes importantes pour elle ne continueront pas à lui donner appui ou protection parce qu’elles sont émotionnellement instables et changeantes, peu fiables, ou ne sont pas toujours présentes; parce qu’elles mourront bientôt ou parce qu’elles l’abandonneront pour quelqu’un de « mieux » qu’elle.

Manque affectif    Vanessa a la certitude que les autres ne lui donneront jamais le soutient affectif dont elle a besoin. Elle ressent le manque d’apports affectifs : manque d’attention, d’affection, de chaleur, ou d’une présence amicale. l’absence de quelqu’un de compréhensif qui l’écoute, la guide et la conseille.

Imperfection/honte    Elle se juge imparfaite,  » mauvaise », inférieure et incapable. Elle est hypersensible aux critiques. Elle est gênée par une comparaison avec les autres et manque de confiance en soi. Elle ressent même une honte à l’idée des imperfections qu’elle s’attribue (colère, défaut physique, gêne sociale).

Isolement/aliénation   Vanessa a le sentiment d’être isolé, coupé du reste du monde, différente des autres et de ne faire partie d’aucun groupe, d’aucune communauté.

Assujettissement    Le comportement, l’expression des émotions, les décisions de Vanessa sont totalement soumis aux autres parce ce qu’elle se sent contrainte à agir ainsi. Dans le cas contraire, elle a peur de s’exposer à la colère, aux représailles ou à l’abandon. Selon elle, ses propres désirs, opinions et sentiments ne comptent pas pour les autres. En général, elle montre une docilité excessive mais réagit vivement si elle se sent prise au piège. On observe chez elle une colère refoulée contre ceux à qui il se soumet, provoquant des troubles (explosion de colère, symptômes psychosomatiques).

Abnégation   Vanessa fait souvent passer les besoins et désirs des autres avant les siens. Elle craint, dans le cas contraire, de faire de la peine aux autres et de se sentir coupable d’égoïsme. Elle veut aussi maintenir un contact avec les autres qu’elle perçoit comme nécessaire. Cette abnégation la mène au sentiment que ses propres besoins ne sont jamais satisfaits, et cette frustration permanente génère un ressentiment envers les autres.

Besoin d’approbation   Vanessa a un besoin excessif de l’attention, de l’estime et de l’approbation des autres. Elle est hypersensible au rejet. Son estime de soi est formée à partir des réactions des autres et non à partir de ses opinions et valeurs personnelles. Elle accorde une importance exagérée aux apparences afin d’obtenir estime ou approbation. Fréquemment, les choix importants de sa vie sont faits sans rapport avec ses vrais désirs et dès lors, ne lui apporte pas de réelle satisfaction;

Surprotection/personnalité atrophiée   Dès lors qu’elle s’attache émotionnellement à quelqu’un, cet attachement est excessif, total, exclusif, au détriment d’une adaptation sociale normale. Elle croit qu’elle ne peut pas survivre sans l’autre, être heureuse sans lui. Elle ne connaît pas ses vrais désirs, doute de sa propre identité. Elle a le sentiment d’être vide, sans but.

Échec   Elle pense qu’elle a échoué, qu’elle échouera et qu’elle est incapable de réussir aussi bien que les autres (études, carrière, sports, etc.). Elle se juge stupide, inepte, sans talent, ignorante, inférieure aux autres.

Pour se reconstruire, agir à la source 

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Tous les apprentissages qui nous ont fragilisés peuvent être modifiés pour aller vers l’émancipation et l’épanouissement

Après 4 ans d’enfer, Vanessa a quitté son compagnon et entamé un travail thérapeutique pour se libérer des mécanismes inconscients qui la poussaient à répétition vers des manipulateurs. Elle a retrouvé son équilibre émotionnel, sa santé et son autonomie après environ 9 mois de travail thérapeutique (à raison d’une séance par mois) intégrant des pratiques quotidiennes à domicile entre chaque séance.

Un travail cosmétique, visant par exemple à « Renforcer sa confiance en soi » n’est dans ce cas d’aucune utilité. Cela équivaudrait à retapisser sur un papier peint froissé ! Pour être efficace, il faut agir à la source, c’est-à-dire sur les apprentissages dysfonctionnels les plus anciens : traiter les traumatismes et croyances limitantes qui se sont installés dans l’enfance et conditionnent aujourd’hui sa représentation d’elle-même et du monde, ses réactions émotionnelles et comportements problématiques.

Les grandes lignes de la thérapie intégrative qui a été mené :

  • Stabilisation : installation des ressources primaires (calme, détente, sécurité, acceptation de soi) et expression des émotions réprimées.
  • Déconditionnement : défaire les automatismes neuro-biologiques associant une situation à une réponse émotionnelle et/ou comportementale.
  • Traumatismes : traitement des traumatismes, transformation de la mémoire émotionnelle.
  • Attachement : installation d’un attachement sécure.
  • Croyances : traitement des croyances limitantes.
  • Relation au corps : renforcement de l’unité corps/esprit affectée par les effets du traumatisme d’origine (phénomène de dissociation, de clivage entre la cognition et l’émotion/sensation).
  • Identité & projet : phase de renforcement de l’identité et de construction du projet de vie.
  • Maintien : apprentissage de pratiques permettant de maintenir et développer au long cours l’équilibre émotionnel, la conscience de ses désirs profonds (ce qui est bon et mauvais pour moi), la santé et la résilience (la capacité à surmonter les épreuves de la vie, à se reconstruire).

Des questions ? N’hésitez pas à nous appeler au  07 81 82 54 59  

CABINET COAT    29 rue de la corneille, 68000 Colmar – Haut-Rhin.

Portrtait Natalia

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